» Les rythmes lointains de Carnaval Sauvage convoquent les habitants à un rituel collectif dont le mystère remonte à l’âge de notre sédentarisation. Cet acte a le pouvoir symbolique de faire fondre le béton et de secouer le grand squelette urbain construit pour discipliner les corps. Un désordre fictionnel qui rejoue les origines d’une désunion tragique entre nature et civilisation en cherchant à inverser la tendance.

Carnaval Sauvage réapparaît à chaque printemps. Des créatures ressemblant à des esprits sortent des mondes souterrains de l’hiver pour célébrer le vivant et revitaliser le monde urbain.

Carnaval Sauvage n’a ni queue, ni tête, ni genre. Il est plein d’estomacs, de bras, de langues et de jambes. Son bassin est souple et versant, sa peau réversible, il est habité par des milliers de cellules souches. Carnaval Sauvage est animal, humain, végétal. La plupart du temps décomposé, démembré sauf lorsqu’il surgit. Il ne se déplace qu’à l’envers. Carnaval émet des vents, et coule tel un fleuve liminal entre les rives du réel et de la marge. Carnaval Sauvage est une entité visible et invisible. Il protège la société d’elle-même.

L’enquête qui suit cherche, à travers neuf entretiens, à esquisser ce grand corps qui fonctionne par lui-même. Les personnes interrogées ne sont pas représentatives, elles en sont des fragments cellulaires. Tout comme moi, qui propose ici un regard du dedans, une vision incomplète située à l’intérieur du visible. J’écris avec le masque que je porte depuis 2018, esprit accroché au-dessus de mon crâne, tête réduite par l’humidité, cerveau éponge. Un œil regarde à l’intérieur, l’autre vers l’extérieur.

Nous avons connu des étapes de la vie de Carnaval Sauvage. Nous avons nos propres corps et temporalités. Carnaval et nous irriguons les veines d’un territoire urbain coupé de la nature. Cela donne un enchevêtrement de corps imbriqués qui parfois s’emmêlent dans l’écriture de ce texte, comme dans la vie. »

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L’île aux oiseaux est une série d’interventions, à la fois de sensibilisation environnementale et d’actions poétique, sur l’espace public du Square du Souvenir à Bruxelles, questionnant la relation entre l’humain, l’animal et l’environnement. Le collectif d’architectes Les Chantiers Battus propose, le temps de l’été, de créer un laboratoire d’éco-citoyenneté sur ce périmètre qui illustre un environnement de cohabitation respectueux des oiseaux et des animaux nocturnes habitant le site des étangs, en organisant des ateliers ludiques (balade exploratoire, performance…) et des moments de constructions et d’installations participatives (nichoirs, abat-jours pour l’éclairage public). Ces ateliers sont ouverts à tous.tes et permettent de comprendre, informer et agir en fonction des recommandations qui ressortiront des ateliers avec les expert.e.s de terrain : l’ornithologue Elisabeth Godding, le collectif citoyen L’île de Liens avec les dramaturges Pauline de La Boulaye & Eszter Némethi, André Lantremange & les riverain.e.s.

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Interviewée par Yves Robic sur ma pratique de dramaturge urbaine, nous avons choisi de prendre comme exemple l’île de liens qui a émergé dans l’océan de l’enfermement de la crise Covid à Bruxelles. l’île de liens lutte depuis contre la désincarnation de la vie publique et des espaces en commun.

L’entretien a été diffusé sur la radio belge La Première dans l’émission Par Ouï-dire le jeudi 20 juin à 22h et dans l’émission Façons de voir le dimanche 23 juin à 14h. Page de l’émission : https://auvio.rtbf.be/media/par-oui-dire-par-oui-dire-3209815. Rencontre avec Pauline de la Boulaye autour de son travail sur la “dramaturgie urbaine “, croisement entre art et architecture. Pauline de Boulaye est historienne, autrice et curatrice. Depuis plus de 15 ans, ses recherches la conduisent à interroger les liens nécessaires entre arts, espace public. Elle développe dans ce cadre un concept tout à fait particulier : la dramaturgie urbaine. Illustration dans le cadre d’un projet auquel elle participe sur une place d’Ixelles à Bruxelles. Réalisation Yves Robic

Floating University Berlin, archi Raumlabor 2018- © photo Daniel Seiffert

17 mai 2024 midi minuit

Latitude 50

3 talks + 2 ateliers + 1 cabaret

  • 12h – 13h30 table ouverte au bistro ou apporter son pique nique
  • 13h30 – 19h 3 talks & 2 ateliers 
  • 19h – 20h table ouverte (sur réservation)
  • 20h30 Cabaret Cirque

Je vous invite à découvrir des architectures saltimbanques, démontables et légères comme les bancs et les tréteaux d’autrefois, au croisement de l’art, de l’architecture et de l’activisme, visant une réalité humainement augmentée.

Cette promenade permettra la rencontre assez rare entre des architectes, des artistes et des organisateurs de projets artistiques en espace public.

Une journée pour les architectes, circassiens, performers, danseuses, constructeurs, apprenties, bâtisseuses, tisseur de ville, curators de festivals, programmateurs transversaux, urbanistes, cellules événementiel de commune, coordinatrices d’espaces publics, collectifs et curieux.

Programme concocté par Vincent Geens & Pauline de La Boulaye avec Horst Arts & Music, Laboratoire architecture, collectif Dallas, Rotor, Le Botanique

Cette journée professionnelle s’inscrit dans le cadre de l’année Nouveaux cirques. Nouvelles architectures. Un projet de Latitude 50 en collaboration avec l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Berlin, UCLouvain (LOCI-Tournai), la Cellule Architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Institut Culturel d’Architecture Wallonie-Bruxelles, Circostrada, La Roseraie, la Commune de Marchin.

nous sommes en permanence assailli.e.s de bruits et de sons, à tel point que nous n’y prêtons plus attention. ils sont assourdis par nos pensées ou par les choses que nous faisons. en réponse au vacarme, à la suractivité, à l’invasion numérique, l’écoute du monde offre une grande respiration. l’écoute du monde est un projet conçu à la fois comme une recherche, un parcours de création participative et une performance publique. 
la création prend place dans un espace spécifique – un cimetière. nous invitons un groupe de participant.e.s – le choeur – à une série d’ateliers et un week-end au vert. ensemble, nous nous aventurons 
dans une expérience profonde, qui touche aux pouvoirs de l’écoute véritable, la polyphonie vocale
 et la conversation avec un espace sacré. ce parcours aboutit à 
une performance publique, une expérience collective et transformatrice.il s’agit d’une création hors format : une marche silencieuse, un concert immersif, où chacun.e est invité.e 
à écouter plutôt qu’à entendre.

conception Liévine Hubert – compagnie le Geste qui Sauve dramaturgie Pauline de La Boulaye choeur 10 à 60 participant.e.s régie & lumière Thibault Condy

première 1 & 2 juin 2024 cimetière de Molenbeek Bruxelles

avec le soutien de • 
Pierre de Lune – Centre Scénique Jeunes Publics de Bruxelles • Fédération Wallonie-Bruxelles – Service général de la création artistique • Wallonie Bruxelles International • Commune de Molenbeek • Charleroi danse – La Raffinerie • Olla Ihola • Recyclart • Maison des Cultures de Molenbeek • Emily Carr University of Art (Vancouver, CA) • The Point Gallery (Salt Spring, CA) • 


illustration Kieran Magzul

photos Claire Vandamme

vidéo Noé Reutenauer

site http://legestequisauve.be/portfolio/lecoute-du-monde/

communiqué & dossier de diffusion (lire la suite)

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Pauline de La Boulaye, été 2023

écrit à la suite d’une résidence d’hiver à La Bellone, maison du spectacle à Bruxelles et d’un séminaire de printemps co produit par le Cifas formation – art vivant dans la ville, ce petit essai est hébergé et soutenu par la Bellone.

préambule

ceci est une invitation à démanteler ce qui sépare l’art de l’environnement pour provoquer d’autres formes de relations avec nos lieux et nos ressources. début de méthode partagée pour une reconstruction culturelle.

à celles et ceux qui liront ce texte, je souhaite qu’il nourrisse notre désir de créer de nouvelles situations artistiques, sociales, environnementales. 

que vous soyez artiste, oiseau, penseur, urbaniste, danseuse, rivière, universitaire, citoyenne, forêt, étanchéiste, architecte, fleur, chômeur, mécène, montagne, permacultrice, scientifique, enseignant, quadrupède, élu, jeune, vieille, non binaire, je me demande comment je vais faire pour vous parler de ma pratique. car cette pratique se situe précisément dans le fait de nous mettre en relation et de créer des situations dans lesquelles nous devenons coresponsables d’une œuvre en commun. 

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