Le grand chantier des arts urbains collectifs

extrait politique du livre de la subversion à la subvention : l’art urbain entre pratique illégale et commande publique à l’âge du capitalisme culturel à paraître en 2020 – mis en ligne ce mois de juin 2020 parce qu’il y a urgence ! texte de Pauline de La Boulaye, auteure, productrice

En 2020, art urbain = street art / graffiti. Dans le métro, sur les volets baissés, dans les zones grises, sur les murs des écoles, dans les galeries d’art, sur les tee-shirt, dans les toilettes, sur les paquets de biscuits, au musée, dans les gares … les graffiti sont partout. Le street art n’est plus le langage subversif de groupes marginaux mais le code marketing des produits de consommation de masse et le signe d’une œuvre d’art pour les experts de la culture. Cette reconnaissance populaire et élitiste est fascinante. Il y a dans le fait de travailler à même les murs, quelque chose de profondément humain. Quelque chose qui nous ramène aux premiers graffiti, aux fondements de la création artistique, lorsque les anciens gravaient des images dans la matière, pour qu’elles leur survivent. Il me semble que le street art perpétue cette mémoire archaïque. Ce qui expliquerait  la place considérable qu’il a prise dans notre quotidien et notre imaginaire collectif.

Pourtant le street art n’est qu’une partie de l’art urbain. Les arts urbains sont vastes : il existe  d’innombrables façons de créer dehors, dans la rue. Ceci depuis aussi longtemps que les villes existent. Les arts urbains se sont particulièrement développés avec l’expansion de la ville moderne dans les années 1960 : la performance, les arts de la rue, la sculpture sociale, les happenings sont des réactions épidermiques à la planification urbaine, un refus manifeste de l’organisation des vivants dans des espaces quadrillés…

L’artiste Gordon Matta-Clark disait : « Je crée des formes à partir de la matière de la ville : son état, sa souffrance. » Il demandait : « Qu’est-ce que l’art peut apporter à la communauté ? » Il se donnait pour mission de « créer des circonstances pour réunir les gens à travers ses œuvres ».

Je m’inscris dans sa lignée et dans les pas de la danseuse Anna Halprin (née en 1920), des dériveurs Situationnistes (1957), de Michel Foucault, philosophe éclaireur des espaces autres (1967), du funambule Philippe Petit en équilibre entre les Twin Towers (1974), des artistes-marcheurs Stalkers (1996)… Mon intention est de maintenir un regard ouvert sur les diverses formes de création dans la ville, les médiums qui explorent l’espace social, politique et public – les œuvres qui font le lien entre subversion et subvention, entre marge et norme. Il m’importe d’ouvrir l’éventail des arts urbains aux yeux des habitants, des responsables de ville et des institutions culturelles. Car les artistes qui travaillent l’urbain ont un rôle à jouer dans la mutation urbaine et l’imaginaire commun. Un rôle fondamental, dans le sens de fondateur.

1 – Des arts urbains… Dans la première partie de ce texte, j’expose des installations artistiques apparues à Bruxelles depuis 2000 et leurs récentes conditions de productions (commandes, contrats de quartier, réaménagement urbain). Je présente aussi des expériences vécues à travers ma pratique d’analyse et d’accompagnement de projets d’arts urbains.

2 – … aux arts urbains collectifs : Dans la seconde partie, je propose des pistes d’aménagements des rapports entre artistes et villes en s’appuyant sur des processus artistiques collectifs. La production d’arts urbains collectifs est un projet pour une société dans laquelle il va falloir cohabiter entre humains ainsi qu’avec les autres vivants. Les conditions d’apparition de cette forme artistique n’ont rien à voir avec les systèmes de production artistique existants. Il est donc urgent de mettre en place une politique publique propre aux arts urbains collectifs.

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Arts urbains à Bruxelles depuis 2000

1.1 Trois œuvres, trois contextes, trois commandes

Bruxelles est un palimpseste d’arts urbains hétérogènes. Je laisse aux autres auteurs de ce livre le soin de décrire l’évolution du street art, préférant vous guider vers des installations singulières, qui sont apparues dans le paysage bruxellois depuis 2000. Voici donc trois œuvres qui questionnent les dispositifs implicites du pouvoir ou de l’ordre social tout en ayant fait l’objet de commandes publiques provenant de différents organes. Non seulement elles fondent un lien puissant et subversif avec les lieux qu’elles occupent mais elles sont advenues dans des contextes spécifiques.

Image 1 • Emilio López-Menchero, Pasionaria, avenue de Stalingrad, Bruxelles, 2006

Depuis 2006, le porte-voix géant de l’artiste Emilio LópezMenchero se trouve au croisement de l’avenue-promenade de Stalingrad et du chaotique Boulevard du Midi. Cette œuvre répond à une commande émanant du Comité des Arts Urbains, cellule d’accompagnement d’installation d’œuvre pérenne sur les territoires gérés par la ville de Bruxelles[1]. Le porte-voix « structure l’espace tout en désignant une coupure persistante. (…) L’objet formule l’une des dimensions du quartier, étroitement associé aux luttes sociales et politiques[2].» L’œuvre invite chaque passant à dire haut et fort ce qu’il souhaite. Elle augmente sa puissance de réaction face à un environnement urbain qui le désoriente et menace de le faire taire. Elle donne la possibilité de hurler contre les murs invisibles et visibles de l’oppression.

Image 2 • Maurycy Gomulicki, Specter : romantic post-vandalism, Cité administrative de l’Etat, boulevard Pachéco, Bruxelles, 2014 © Pauline de La Boulaye (plb)

Un fantôme éphémère a longtemps habité la façade de la Cité administrative, Cité abandonnée par l’Etat fédéral belge depuis l’an 2000, après une courte période de centralisation des administrations (20 ans)[3]. En 2011, dans le cadre de la présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne, l’artiste polonais Maurycy Gomulicki est invité à investir un lieu public dans Bruxelles. Il voit dans cette Cité un écho du « modernisme décadent » dans lequel il a vécu enfant. Le 17 septembre 2011, avec une équipe d’ouvriers, il brise quatre-vingt fenêtres de la Cité désaffectée. Le profil d’un visage humain apparaît : une évocation du logo du Bauhaus datant de 1919. Cette action-performance avait pour but de « changer la conscience esthétique des habitants de la ville[4] ». Sans prévision, le spectre est resté cinq ans devenant une icône de la scène alternative belge, avant de disparaître en 2017 pour laisser place à un projet immobilier.

Image 3 • Joëlle Tuerlinckx, Moment–Point zéro, place communale de Molenbeek-Saint-Jean, Bruxelles, 2014 © Marie-Françoise Plissart

Depuis 2014, ce monument invisible hante le souterrain de la place communale de Molenbeek. Tel un mythe, des histoires circulent à son propos et une inscription sur un pavé manifeste sa présence magnétique. Cette installation a été créée par l’artiste Joëlle Tuerlinckx au cours du processus de réaménagement de la place, dans le cadre d’un contrat de quartier durable, plan d’action, conclu entre la Région de Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles, visant à améliorer le cadre de vie d’un quartier précaire[5]. « Puisqu’il est difficile de rallier les populations variées de Molenbeek autour d’un symbole commun qui deviendrait monumental, ce symbole, c’est (…) celui de l’enfouissement d’un bloc de pierre de plus de 12 tonnes[6]. » L’œuvre enfouie libère l’imaginaire de toute forme imposée d’identité collective et propose à chacun de s’en faire une idée singulière et universelle.

Ces trois installations sont subversives dans leurs façons d’inventer des imaginaires communs insoumis. Elles rééquilibrent les forces vis-à-vis d’un ordre habituel. Elles ont été rendues possibles grâce à trois types de commanditaires : l’Europe, un Comité d’art urbain de la ville de Bruxelles, ou un contrat de Quartier de la ville et de la Région de Bruxelles. Il en est ainsi depuis l’an 2000, année marquée par l’événement fédérateur Bruxelles capitale européenne de la culture. A travers cette célébration, de nouveaux modèles d’expression urbaine inédits ont pu être institués comme : la Zinneke Parade, carnaval multiculturel, créatif et participatif « susceptible de réconcilier la population bruxelloise avec son identité »[7] ; ou Recyclart, centre d’arts alternatifs logé jusqu’en 2018 dans la gare de Bruxelles-Chapelle (au bord de l’abandon) et qui organise soirées, concerts, expositions, initiatives communautaires en mêlant économie sociale, réflexion urbaine et diffusion artistique.

1.2 Being Urban, pour plus d’art dans la ville !

En 2015, j’ai eu l’occasion d’apporter un éclairage sur ce palimpseste d’arts urbains bruxellois en travaillant avec Adrien Grimmeau, commissaire d’exposition à l’Iselp, centre d’arts. Nous avons mis sur pied un laboratoire pour l’art dans la ville. Il s’agissait de faire un état des lieux des pratiques et des formes développées depuis l’an 2000 afin d’ouvrir des pistes de travail pour l’avenir. Nous y avons convié de nombreux acteurs impliqués et engagés dans des projets d’arts urbains : artistes, politiques, architectes, habitants, urbanistes, paysagistes… Dans le but de provoquer des rencontres entre monde alternatif et acteurs de la ville, le laboratoire proposait 60 jours de marches, ateliers, discussions, expériences[8]

Image 4 • Affiche de Being Urban, laboratoire pour l’art dans la ville, Bruxelles, 2015 © photo Marilyne Coppée / Iselp

Nous avions commencé à travailler sur ce projet juste après les attentats de Charlie Hebdo à Paris (et bien avant le massacre du 22 novembre.) Cet hiver 2015, il y eut le black-out et les chars militaires commencèrent à sillonner Bruxelles. Nous avons provoqué et choisi pour affiche cette photographie d’un paramilitaire tenant une pancarte sur laquelle on peut lire : Being Urban. C’était le titre du laboratoire, mais aussi une sorte de signal d’alerte : « être urbain » pose la question de la place de l’humain dans l’urbain. Nous avions le sentiment d’une guerre des récits et de l’urgence de créer des contre-récits aux récits militaires et aux récits mainstream de la société de consommation qui contrôlent nos places, nos rues, nos espaces communs.

Image 5 • Parlamento Flor, parlement modulable en bois. Vue d’une intervention de Jérôme Giller durant Being Urban, laboratoire pour l’art dans la ville, Bruxelles, 2015 © Pauline de La Boulaye / coproduction Marollywood, Iselp

En 2014, était apparu dans l’espace public, un curieux parlement urbain. Il avait été placé là, devant le centre d’art contemporain du mouvement Les Brigittines et près de Recyclart, par Marollywood, un collectif d’activation du quartier des Marolles. Quartier particulièrement frappé par le chantier monumental de la Jonction au 20ème siècle. (cf note 5) Cet objet était chargé de sens parce qu’il induisait dans sa production et dans sa forme une parole horizontale sur l’usage de l’espace public. Nous avons décidé de commander, activer et programmer un autre parlement dans le laboratoire Being Urban. Les deux parlements sont une création de Zuloark, collectif espagnol créateur de mobilier urbain pirate, hacker d’espace public, provocateur de nouveaux rapports avec les passants. L’atelier solidaire de Recyclart en a assumé la fabrication. A ce jour, ce deuxième parlement appartient aux habitants de Bruxelles. Jusqu’en 2019, Hans Eelens s’en est servi pour l’atelier de la Dalle, toujours dans les Marolles.

Depuis cette expérience, un ouvrage[9] retrace l’évolution de l’urbanisme et de l’art, valorise des projets soucieux du devenir urbain collectif, et donne des outils pour le renouveau de l’art dans la ville. Une carte recense 130 interventions artistiques dans Bruxelles : des initiatives spontanées (tricots sur les arbres, parlement urbain…) aux commandes publiques (1% artistique, Comité d’Art Urbain, Contrats de Quartiers, Europe etc… ).

Il faudrait pouvoir continuer à mener ce travail documentaire de terrain pour consolider une politique d’arts urbains à Bruxelles. Et pour rester aussi neutre que possible, cela devrait être une mission de développement urbain soutenue par la Région de Bruxelles Capitale.

1.3 Appel des 6 tunnels sous la Jonction Nord-Midi : une tentative d’innovation

Il faut souligner les linéaments d’une volonté politique de soutenir les arts urbains. En 2016, la ville de Bruxelles lançait un appel aux artistes pour transformer le dessous des ponts de la Jonction ferroviaire Nord-Midi. Cet appel était innovant pour deux raisons. D’une part, il était porté par la coopération inédite entre la ville de Bruxelles, un Contrat de Quartier durable Jonction, le centre Recyclart et No New Ennemies[10].  D’autre part, l’appel avait « pour objectif d’établir des projets avec une démarche participative fortement impliqué dans l’intention artistique, créant un projet inclusif avec une inscription culturelle forte dans le quartier. Nous sommes à la recherche des projets qui stimulent l’appropriation et l’usage actif de l’espace publique, qui font le lien avec la ville et ces habitants. » Une somme de 450 000 euros était prévue pour les six tunnels.

Je me suis mobilisée avec des artistes. Cependant, on se posait les questions suivantes :

  • comment créer des œuvres sans recouvrir des graffiti qui ont une histoire forte avec Recyclart (donc précédemment subsidiés) ? Et si ces œuvres étaient par la suite elles-mêmes recouvertes ?
  • l’appel demandait aux dépositaires une responsabilité juridique : pour créer une structure en volume (qui n’est pas une image), pour toucher à l’espace urbain, à l’infrastructure, il fallait de l’ingénierie, des assurances.

Nous avons donc constitué une équipe pluridisciplinaire (artistes, architecte, commissaire) pour relier création artistique, architecture et communauté d’habitants. Nous avons été pré-sélectionnés dans le cadre du marché de service public et avons travaillé scrupuleusement pour présenter notre projet final. S’en est suivi un long silence. Des mois plus tard, nous devinerons en filigrane l’abandon de l’appel, sans aucune explication… Deux ans plus tard, en décembre 2019, la ville inaugurait six fresques peintes sur les voutes des ponts : trois fresques de street art et trois fresques de bande dessinée.

Quid de l’appel et des artistes qui ont concouru ? Quid de la somme allouée au projet initial ? Tout le monde a droit à l’erreur et le caractère innovant de cet appel pourrait expliquer sa fragilité. Pour les personnes qui administrent une ville, créer des projets d’arts urbains sur le long terme exige patience et audace. Reste à saluer la volonté d’inventer de nouvelles formes de collaboration entre habitants et artistes, et cela semble aussi au programme de nombreuses communes en Belgique. C’est le défi démocratique et social pour les villes du futur. Mais on manque de structures adéquates pour soutenir les arts urbains collectifs. D’où l’urgence de repenser les conditions de production des arts urbains et de proposer des pistes d’aménagements des rapports entre artistes et villes en s’appuyant sur des processus collectifs.

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Arts urbains collectifs : ménager les relations entre artistes et villes 

L’art urbain univoque qui répète le récit mainstream de la société de consommation, qui normalise des formes subversives ou qui impose de l’art contemporain « tombé du ciel » est selon moi, coupé du vécu des citadins. C’est en indépendante que j’accompagne des artistes qui cherchent à activer les lieux et les liens. La neutralité est souhaitable pour s’approcher de l’authenticité. Il faut à la fois faire face au risque d’abandon politique de l’espace public quand ce n’est pas son instrumentalisation, et contrer la standardisation de la ville créative et commerciale. Pour mettre en place des projets indépendants du clientélisme politique et de la demande touristique, il est inévitable de s’intéresser aux conditions de production des arts urbains. Qui sont les commanditaires ? D’où vient le désir ? Est-il partagé ? Qui finance ? Travailler sur ces mécanismes est nécessaire pour développer les arts urbains collectifs dans les projets de ville.

2.1 Penser la production des arts urbains collectifs comme un exercice démocratique

Habiter quelque part est un acte politique dans la mesure où l’on s’intéresse à son mode de vie, à la gestion de sa ville, à son environnement, on choisit ses élus, on exerce sa citoyenneté. Contribuer aux formes qui nous entourent est aussi un acte politique. Ces formes sont symboliques, environnementales, artistiques… C’est la raison pour laquelle il faut questionner les mécanismes de représentation des arts urbains de la même manière que les mécanismes de de représentation dans la gestion la ville :

  • Comment fonctionne la démocratie ?
  • À quel moment je (en tant qu’habitant) me laisse représenter ?
  • Quels sont les outils intermédiaires entre ma réelle présence (je) et mes représentants, mes élus (nous) ?
  • Les formes instituées sont-elles horizontales ou verticales ?
  • Comment faire cohabiter des identités multiples ?
  • Sommes-nous co-responsables des images et œuvres de notre environnement ?
  • Comment faire cohabiter l’ordre et la marge ?

Image 6 • Frans Daels, Mi Dica, Rome 2003 © Ellen Gieles 

De nombreux artistes cherchent à recoudre la coupure entre soi et les formes environnantes en initiant des pratiques artistiques collectives. L’art a la capacité subversive de relier les habitants, autrement que dans les relations d’échange imposées par le travail ou la société de consommation.

Une responsabilité que des artistes prennent, de manière souterraine, souvent illégale. Et s’ils retournent dans la rue, auprès des habitants, c’est aux institutions de les soutenir et à la ville de prendre le risque de s’adapter aux propositions émergentes.

2.2 Les quatre pôles des arts urbains

Poser la question des conditions de production des arts urbains, nécessite de situer les acteurs qu’ils impliquent.  Dans la transition accélérée du moment, il semble opportun de rappeler les rôles de chacun.

schéma 1 • présenté au colloque de la subversion à la subvention, Bruxelles, 2018 © plb

On peut dessiner une rosace avec quatre pôles pour les quatre sphères impliquées :

• La sphère des pratiques artistiques : des artistes, des auteurs, des collectifs créent des œuvres sans lesquelles la société n’aurait aucune dimension imaginaire, symbolique ou culturelle. Seuls ou organisés en collectifs, associations ou coopératives, les artistes développent la création alternative, émergente, subversive à priori sans subvention. Que se passe-t-il en ce moment ? Une troublante prolifération des formats, des festivals, des propositions artistiques urbaines. Une explosion du nombre d’étudiants dans les écoles d’art et de la creative class [Richard Florida, Cities and the creative class, 2005].

• La sphère des musées et centres d’art : des responsables culturels sont chargés de conserver la mémoire et les archives de la création et/ou de diffuser la création contemporaine. Ils ont un rôle légitimant par leur capacité à faire entrer des œuvres dans une histoire collective. Mais ils ont tendance malgré une volonté de démocratisation à séparer l’art de la société [John Dewey, l’art comme expérience] Que se passe-t-il en ce moment ? On trouve des « experts » dans tous les domaines : dans le domaine du graffiti, dans le domaine de la commande publique, dans le domaine de l’art dans l’espace public, dans le domaine de la performance urbaine… Cependant il n’y pas de vision transversale, c’est-à-dire, pas d’approche culturelle, au sens d’étudier ces pratiques, de questionner leurs liens avec la société, avec l’urbanisme, avec des esthétiques.

• La sphère politique : les responsables politiques qui gèrent villes et territoires ont comme mission de donner à accès à la culture et à la connaissance. Rappel historique : L’éducation et la culture sont deux missions d’intérêt général, au cœur de tout Etat nation depuis son réveil démocratique. Et ce depuis la création de l’UNESCO, organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture en 1945, pour éviter l’ignorance (donc la guerre). La mission politique consiste donc à aider les artistes et les structures favorisant la création artistique (tissu associatif, centres culturels). La sphère politique n’a pas à décider du contenu artistique. Elle doit se modéliser en fonction des négociations continues avec les artistes et les responsables culturels. Que se passe-t-il en ce moment ? Face à la prolifération rapide de projets d’arts urbains, il est de plus en plus difficile de prendre du recul. Les politiques sont assez démunis et font choix à court terme. Il y a un malaise vis-à-vis de l’art, une perte de confiance, un abandon de la culture politique de la culture. Le marketing du tourisme est en train de faire oublier la mission d’intérêt général de garantir l’accès à la connaissance et à la culture, aux arts, dans leur multiplicité, diversité et marginalité… Le marketing de la ville risque de modéliser l’artistique en fonction de ses attentes.  

• La sphère de la société civile : tout habitant (artistes, politiques, responsables culturels compris) peut exercer son goût, son esprit critique et sa liberté d’expression. Une démocratie repose sur le dialogue permanent entre subversion et subvention, entre marge et norme. Que se passe-t-il en ce moment ? L’exercice du débat critique actif, c’est-à-dire sur la place publique (pas dans les médias, ni sur les réseaux sociaux), manque cruellement dans la société civile. De plus, la notion de subversion semble absorbée par un renforcement de la morale, des critères esthétiques en vigueur, des lois du marché.

2.3 Le cœur des arts urbains collectifs : intermédiation et communautés

Les enjeux actuels pour les villes donnent le vertige : nous sommes face à une extrême densification de la population, à une crise migratoire, à une crise environnementale et au surtourisme. Dans le Monde du 28 novembre 2018, Michel Guerrin écrit : « Bien sûr, c’est le tourisme qui fait vivre la culture – voir sauve ce qui serait déjà en ruine – mais à la veille du pire : On rêve d’un touriste de proximité, qui tisse des liens avec la population ».

Pour déjouer l’art urbain monumental et touristique (représentation du pouvoir et symboles historiques), pour éviter l’art urbain populiste ou commercial, pour tisser les conditions d’arts urbains collectifs, liés aux habitants et propres à transformer la société (migration, environnement, transition), il nous faut penser les outils de l’intermédiation, fabriquer des communautés hétérogènes, refonder une économie politique.

schéma 2 • présenté au colloque de la subversion à la subvention, Bruxelles, 2018 © plb

Sur le schéma 2, la sphère centrale n’a rien de nouveau : intermédiation, associations, médias, ont un rôle important à jouer entre les quatre sphères. Malheureusement, cette sphère a été affaiblie depuis 20 ans. Par manque de moyens économiques, la médiation, le tissu des associations, ou le journalisme culturel sont de moins en moins des ciments pour la culture et l’imaginaire collectif. Repenser ces outils vis-à-vis des artistes, du politique, des habitants, des institutions est fondamental aujourd’hui. Et les financer également.

Les budgets publics généralement alloués à la production d’œuvres d’arts urbains pourraient donc intégrer un pourcentage pour ce travail de lien symbolique, communautaire, réflexif et critique. Par exemple, lorsqu’une ville commande une fresque murale, un pourcentage du budget de production devrait être alloué à l’activation d’un événement avec les riverains, à un débat critique avec la presse, à un workshop avec les artistes. Il ne s’agit pas de se contenter d’un communiqué pour justifier l’arrivée d’une œuvre sur un mur ou une place, il s’agit d’intégrer la relation avec les habitants en amont de l’installation. Car les arts urbains collectifs ne sont pas confinés entre les quatre murs d’un espace destiné à un public cible. Ils s’inscrivent dans un espace civique. Cela doit être moteur de débat et d’émancipation.

Image 7 • Julien Celdran, Paraboles Custom 2, rue Navez, Schaerbeek, 2011

Voici un exemple où la médiation est au cœur d’un processus de création collective et non pas à la fin du processus. L’artiste Julien Celdran a personnalisé quarante antennes paraboliques avec les habitants. Puisque la fonction des antennes est d’apporter des images lointaines à l’intérieur de chaque appartement auquel elle est reliée, la proposition ici est que ces antennes donnent en retour, une image, un motif décoratif qui vient de l’intimité des appartements. En résulte, une exposition sur les toits du quartier de la Cage aux Ours. (Exposition itinérante car à chaque déménagement, les antennes se déplacent avec leurs propriétaires.)

C’est à Bruxelles, que l’artiste a pu réaliser ce projet dans le cadre d’un Contrat de Quartier[11] et avec le soutien de l’association Patrimoine à Roulettes. Le rôle de médiation joué par l’association a été déterminant pour connecter l’artiste et les habitants. Pour « montrer les cultures », Julien Celdran se met en retrait. Il se dit auteur d’un protocole mais « presque pas » auteur des dessins qu’il applique à l’adhésif découpé. Son protocole demande deux choses : un motif (c’est à dire une séquence géométrique répétitive destinée à être ornementale) et ce motif doit venir de l’intérieur, de chez soi. Chez l’habitant, l’artiste discute des propositions et il faut prendre le temps de concertation/négociation avant de trouver un accord.

Ce projet demande une certaine organisation des rapports entre l’artiste, les habitants, le Contrat de Quartier, l’association médiatrice. Il place l’œuvre au cœur d’un processus de concertation. Chaque acteur est co-responsable de l’œuvre. Et c’est une œuvre qui échappe tant au marché qu’à une institution. C’est une œuvre collective qui prend soin des symboles identitaires. Elle s’expose dans le paysage urbain, lui apporte une nouvelle dimension. L’œuvre doit vivre une vie sociale, traverser le temps, éprouver le climat. Son exposition est liée aux aléas de la vie.  Sa conservation aussi. Ce qui questionne les notions d’œuvre et de propriété.

Image 8 • Habitants des Images, intervention dans le cadre de l’inventaire collectif d’architectures, Mouscron, 2019 © Mélanie Peduzzi

Les Habitants des images est un collectif artistique né à Bruxelles en 2013 et qui a pour champ d’action la ville et les médias, l’art et le social. Les Habitants des images utilisent des médiums populaires tels que vidéo, journaux, photographie, contes, affiches. Ils publient par exemple, une fois par an, Le Journal Intime d’un quartier de Bruxelles.

En 2019, le collectif participe à l’inventaire collectif d’architectures[12]. Dans ce projet, un dispositif itinérant de campements a été mis en place par les commissaires pour visiter des constructions, provoquer un débat sur l’architecture avec les non-architectes et sélectionner les bâtiments exemplaires lors d’assemblées citoyennes sur les places publiques.

Les Habitants des Images ont contribué à générer un débat avec les riverains à travers des affiches placardées dans les villes. Le collectif a d’abord questionné l’architecture sur les murs mêmes de la cité : « D’après toi, est-ce une belle architecture ? ». Puis lors des campements, il a recueilli des réponses avant de les afficher à nouveau. Le collectif a ainsi créé un réseau social physique sous forme d’affiches, reproductibles sur internet, hors-sol. Ce qui a pu rendre possible une rencontre qualitative entre habitants et experts. Au cours de ce travail, le collectif a pu identifier quatre critères pour la sélection des bâtiments : social, gouvernance, environnement, esthétique. Les Habitants des images ont également co-organisé avec les commissaires le processus de délibération citoyenne pour la sélection finale des bâtiments. Les multiples voix récoltées par les Habitants des images et par les commissaires ont été recueillies dans un livre[13] destiné aux responsables de la ville, du paysage et des territoires ainsi qu’aux habitants soucieux de son environnement.

On ne peut pas à proprement parler d’œuvre bien que les affiches sont des créations collectives essaimées dans l’espace public. On peut parler d’ouvrage collectif pour la publication qui est un tissu d’intermédiations dans sa fabrication et qui est porté par une communauté de personnes.

Image 9 • ArtiCulE, Design for everyone, Bruxelles, 2018

L’espace urbain semble être pensé pour une communauté homogène, uniforme et lisse ; communauté imaginaire qui a permis de bâtir une société avec ses normes nécessaires au fonctionnement du corps social dans l’espace public. Mais ces normes ne peuvent pas ignorer la marge, l’exception, l’incroyable diversité des populations urbaines. Comment faire pour que l’espace public soit aussi le lieu de la rencontre entre des personnes différentes ?

C’est ce que questionne le collectif d’artistes, architectes et designers ArtiCulE : «  ArtiCulE, ce sont trois lettres. A pour Art, C pour Culture et E pour Éducation… permanente. Trois lettres qui s’articulent. L’objectif de l’association est d’organiser des événements à caractère artistique et culturel, qui interrogent la réalité sociale au sens large. Au départ, un constat : la difficulté de rassembler un public mixte – et pas nécessairement convaincu d’avance – autour d’enjeux sociétaux. Et un intérêt pour les expressions culturelles et artistiques les plus diverses. » En 2018, le collectif commence à installer illégalement des modules sur les bancs de métro, volontairement divisés par des arceaux pour empêcher les corps de s’allonger. « Avec le projet Design for Everyone, Nous souhaitons rendre visible les dispositifs mis en place pour réguler certaines usages de l’espace public, notamment ceux qui ont pour objectifs d’empêcher les sans-abris d’y trouver refuge. Nos interventions consistent à attirer l’attention sur des dispositifs qui cachent mal leur destination d’empêcher des usages jugés dérangeants. Ils sont le signe tangible d’une volonté de cacher ce que l’on ne veut pas voir. Vision que l’on peut caricaturer en « propre, nette, secure » qui se traduirait par « cacher, exclure, réprimer ». »  

Nous sommes co-responsables des formes que nous produisons (qu’elles soient symboliques, architecturales, esthétiques) comme nous sommes co-responsables de nos espaces urbains dans lesquels nous cohabitons. Un bien commun est un bien partagé par une communauté. Les arts urbains collectifs sont donc des biens communs dont les différentes sphères de la société pourraient prendre soin.

Image 10 • Carnaval sauvage de Bruxelles, 2018 © plb

La notion de communautés est aussi au cœur du Carnaval Sauvage de Bruxelles. Depuis 7 ans, il réapparaît à chaque printemps. Des créatures ressemblant à des esprits sortent des mondes souterrains de l’hiver pour célébrer la vie et l’importance du vivant dans le monde urbain. Il est apparu à la suite d’une évacuation d’un lieu alternatif sur le canal pour des projets immobiliers. Il renoue avec le procès du « Promoteur immobilier et de sa fidèle compagne la Bureaucratie », un procès symbolique organisé dans les années 1960 lorsque de nombreux habitants du quartier des Marolles étaient menacés d’expropriation. Le Carnaval Sauvage part toujours de la place du jeu de Balle pour cette raison historique et symbolique.

Un des membres du collectif qui l’organise et n’en revendique pas être l’auteur : « On ne peut pas parler d’œuvre d’art quand on parle d’un carnaval même si il y a des pratiques artistiques qui le composent : des musiciens, des gens qui fabriquent des costumes, d’autres qui écrivent le procès, des danseurs… » C’est une pratique culturelle collective : « c’est plus vaste qu’une œuvre d’art, c’est imbriqué dans la société. Pas toute la société mais au moins une marge de la société, qui reste quand même un groupe humain. J’ai appris quelque chose en arrivant à faire cela, c’est qu’un carnaval s’institue dans une pratique collective. » Le carnaval sauvage n’est pas institutionnalisé car il n’est pas déclaré auprès de la ville, mais il est légitime pour une communauté de 3 000 personnes.

conclusion 

vers une nouvelle économie politique des arts urbains

Ce qui est frappant dans les exemples évoqués précédemment, c’est l’identification commune à des formes multiples qui émergent de groupes de personnes. Ces formes qui émergent sont souvent indisciplinées et indissociables des lieux et des communautés qui les ont fait surgir. Mais quand vient une reconnaissance politique et culturelle par le biais d’une subvention, il y a souvent segmentation entre les auteurs et les publics, la pratique et la discipline, la forme et le lieu. C’est ce qui se passe avec le mouvement Hip Hop qui s’est segmenté en devenant culturel. La « scène » sépare. Une nouvelle dimension politique serait de lutter contre la segmentation des pratiques collectives, en rompant avec la reconnaissance individuelle de l’artiste pour financer des projets communautaires hybridant performance, installation, musique. Et finalement renouer avec des « mystères antiques » ou les origines du cirque quand il n’était pas rangé dans les arts de la scène[14].

Sur le plan économique, un peu partout en Europe, les récentes coupes budgétaires du secteur culturel sont sidérantes. Malraux préconisait avant la création d’un ministère de la Culture en France, d’allouer des fonds à la culture via d’autres missions politiques : éducation, social, urbanisme. C’est le système développé au Royaume Uni[15]. Une piste à suivre pour les projets de ville serait de prélever une taxe en faveur des arts urbains collectifs sur les permis d’urbanisme ou bien de rassembler des fonds pour le social, la formation et la recherche afin de financer ce grand chantier des arts urbains collectifs[16]. Autre piste : la ville européenne du début du 21ème siècle fourmille de friches, d’occupations temporaires et de fabriques urbaines. Ces espaces sont en permanente renégociation avec le politique et sont créatifs en matière d’invention de structures : coopérative foncière citoyenne, société coopérative des intérêts collectifs[17]. Ces fabriques sont en train d’expérimenter une nouvelle forme d’économie sociale et solidaire. Elles allient savamment les subventions, l’autonomie solidaire et les ressources propres. L’autogestion permettrait donc de sortir du monde dual dont les deux pôles sont : le marché de l’art (modèle capitaliste du divertissement) et l’art subventionné (modèle d’état providence). Les arts urbains collectifs peuvent être l’occasion de penser avec agilité une troisième voie économique pour la production de formes collectives, symboliques, sociales. Ce n’est en aucun cas une raison pour baisser les subventions : il faut au contraire financer massivement le grand chantier politique des arts urbains. C’est une mission d’intérêt général et si l’argent public doit financer la culture, alors la priorité est de financer les arts urbains collectifs. Plus de subventions, pour plus de subversions : c’est l’unique garantie du principe démocratique de  renégociation permanente entre subversion et subvention. Reste à en faire un projet politique « façon Malraux 2.0 ».

Voici enfin une préconisation pour le futur des arts urbains collectifs : rallonger les conventions entre structures politiques et structures intermédiaires, et stopper les appels à projets pour douze mois. Ces échéances sont trop courtes ! Nous sommes des êtres reliés, et consolider nos liens prend du temps. Du temps nécessaire à l’incubation d’une énergie créative collective. Il n’y a rien de plus subversif que les liens humains.  Car il existe un territoire fluctuant entre l’ordre et la marge. C’est un espace précieux pour le débat, la critique, le trouble et la nuance. Un lieu à habiter de toutes nos forces. Murer cette zone entre l’ordre et la marge, c’est se taire à tout jamais et laisser la violence monter. Les arts urbains collectifs ont ce pouvoir singulier de relier des êtres et des lieux. D’où l’urgence de leur faire de la place sur le long terme.

post-scriptum

Ce printemps 2020, au moment où j’achève ce manuscrit, nous sommes en pleine crise sanitaire mondiale. Le Coronavirus nous a confinés entre nos murs, distanciés les uns des autres. Les rues se sont vidées par le lockdown tandis qu’Internet nous relie dans son espace public virtuel, non présentiel. J’ignore ce qui se passera à l’issue de ce moment historique où plusieurs milliards d’humains ont été assignés à domicile en même temps, où la liberté de circuler physiquement dans l’espace public nous a subitement été enlevée. Je m’apprêtais à me lancer dans la co-création de la prochaine biennale d’art dans la ville de Huy – Dédale 2020 – avec ArtiCulE, Julien Celdran, Habitants des Images, Frans Daels, et les Huttois. Tout est pour l’instant suspendu. Je fais donc le vœu de vous retrouver bientôt, dehors, sur une place publique, avec ces livres, ces créations et ces débats qui me sont chers et qui ont, j’en ai la conviction, la capacité de transformer les paysages de nos villes et de nos vies.


[1] Préambule au règlement du CAU : L’implantation d’œuvres d’art pérennes en espace public sur le territoire de la Ville de Bruxelles mérite une gestion particulière qui doit permettre leur mise en valeur au profit de la viabilité urbaine. Par ailleurs, la dimension artistique des interventions au sein de l’espace public appelle une réflexion dynamique et prospective, en vue de définir une approche cohérente pour l’appréciation des projets futurs. Dans ce cadre, afin d’assister la Ville à réaliser cet objectif, un comité technique spécialisé en la matière a été constitué le 26 juin 1996.

[2] Courtens Laurent, « Donner de la voix » dans Being Urban, pour l’art dans la ville, Bruxelles, coédition CFC & Iselp, 2016, p. 120-125

[3] Il aura fallu 25 ans de chantier pour construire cette gigantesque greffe ajoutée à un autre chantier démesuré : une cicatrice en forme de tunnel pour relier la gare du Midi à la gare du Nord.  Le site résume à lui tout seul une histoire du 20ème siècle fonctionnaliste et moderniste.

[4] de La Boulaye Pauline, « Le fantôme du modernisme » dans Being Urban, pour l’art dans la ville, Bruxelles, coédition CFC & Iselp, 2016, p. 138-143

[5] https://www.bruxelles.be/contrats-de-quartier

[6] Grimmeau Adrien, « Naissance d’un mythe molenbeekois » dans Being Urban, pour l’art dans la ville, Bruxelles, coédition CFC & Iselp, 2016, p. 150-155

[7] Catherine Wielant, La rue est à nous! Zinneke une parade créative à Bruxelles, La Vénerie et Fondation Jacques Gueux, 2002

[8] archive https://labo-being-urban.tumblr.com/

[9] Being Urban pour l’art dans la ville, CFC-éditions 2016

[10] http://nonewenemies.net/ Association créée par Harlan Levey, curator et galeriste d’origine américaine, vivant à Bruxelles

[11] contrat de quartier : plan d’action, conclu entre la Région de Bruxelle-Capitale et la Ville de Bruxelles, visant à améliorer le cadre de vie d’un quartier précaire  https://www.bruxelles.be/contrats-de-quartier

[12] La Fédération Wallonie-Bruxelles publie tous les trois ans un livre qui dresse un portrait des architectures contemporaines en Wallonie et à Bruxelles. Les projets sélectionnés pour la période 2016-2019 sont publiés et exposés en Belgique et à l’international. Chaque édition est confiée à un ou plusieurs commissaires. Cette édition placée sous le signe de l’ouverture et de la co-construction a été proposée par les commissaires Gilles Debrun (architecte) & Pauline de La Boulaye (historienne) en collaboration avec Habitants des images. https://architectures2016-2019.com/

[13] sous la direction de Gilles Debrun et Pauline de la Boulaye, Inventaires # Inventories 2016-2020, Fédération Wallonie-Bruxelles – Cellule architecture, 2020

[14] de La Boulaye Pauline, « Le cirque à la lisière du corps social » conférence pour l’inauguration de l’école supérieure des arts du cirque – ésac, Bruxelles le 20 avril 2018

[16] source d’inspiration : Bouchain Patrick, « pour un chantier lieu d’expérimentation », Urbanisme n°338, 2004

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